Le fantasme du commencement

  • Jelica Šumič-Riha

Abstract

On est habitué ŕ voir la pensée contemporaine s’inscrire sous le signe de la fin: la fin de la politique, de l’histoire et męme de la philosophie. La possibilité męme “du retour ŕ la philosophie”, témoigne que la fin n’est nullement le destin de la pensée elle-męme. Or ce geste, comme le démontre, A. Badiou, requiert un geste supplémentaire, celui d’en finir avec la fin. Cette décision d’en finir avec la fin ne finit pour autant pas avec la question du commencement, mais la radicalise: non pas dans le sens de la pureté supposée du commencement, mais plutôt dans le sens du courage qu’il faut pour commencer sans le support d’un fondement quelconque. Ce surplus de décision “tirée du vide” qui, par un double geste d’achčvement et de recommencement, met en question l’alternative męme entre le commencement et la fin, c’est-ŕ-dire les deux points d’arręt imaginaires censés prédéterminer la pensée moderne, constitue la perspective selon laquelle nous proposons une relecture de Schelling. Si la pensée de Schelling suscite aujourd’hui l’intéręt, c’est dans la mesure oů le commencement, tel qu’il a été élabore dans ses Ages du Monde, n’est justement pas au commencement, mais coďncide plutôt avec l’intervention d’une décision dans le Grund, sa préhistoire fantasmique. Le but de notre analyse est de montrer que cette décision, le “vraie” commencement donc, constitue en męme temps le moment de la “double naissance” du sujet et de l’Autre. Pourtant, cette naissance n’est pensable qu’ŕ partir de l’intersection du “je ne suis pas” et du “je ne pense pas”, deux moments dont la dialectique a été démontrée par Lacan dans sa Logique du fantasme.

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Published
2016-01-24
How to Cite
1.
Šumič-RihaJ. Le fantasme du commencement. FV [Internet]. 2016Jan.24 [cited 2020Jul.10];18(1). Available from: https://ojs.zrc-sazu.si/filozofski-vestnik/article/view/3980